Je rajouterais bien un "Connasse" derrière.
L'autre jour,
j'ai encore réussi à aggraver mon cas. Comment, me diras-tu, t'es déjà passablement limitée dans l'ensemble alors
pourquoi creuses-tu plus profond encore naïf petit être que tu es ? Je te répondrais tout simplement que dans un premier temps, tu peux aller te faire foutre chez la Mère Michel (
oui, celle qu'a perdu son chat, et les vieilles grues sans compagnons domestiques eh ben crois-moi mon vieux, et là c'est l'expérience qui parle, ça peut être très agressif), et que dans un deuxième temps, on peut toujours paraître plus con qu'on ne l'est alors que l'inverse est totalement impossible (
regarde ce pauvre John-David, navrant, y'a pas d'autres mots).
Je disais donc, l'autre jour, j'ai réussi à prouver que
la majorité et moi, on était toujours pas du même bord et que la conscience citoyenne que je devrais avoir (
genre voter aux Européennes, savoir qui est le Premier Ministre de la France, différencier un programme de droite d'un programme de gauche, faire semblant de m'intéresser aux gens qui parlent de politique, et des tas d'autres trucs atrocement soporifiques à mes yeux) était toujours portée aux abonnés absents.
Si tu la croises, dis-lui que je la cherche, ça s'rait cool-Raoul. Non, tu ne peux pas me lapider pour cette rime moisie, d'autres ont essayé avant toi et ils ont eu des problèmes.C'est en effet par un superbe après-midi d'août (
et par là, je veux bien entendu dire qu'il pleuvait comme si c'était les prémices de la fin du monde par noyade anticipée de l'espèce humaine) (anticipée passque la vraie fin du monde, c'est en 2012, c'est les Mayas qui l'ont dit et on pourra pas dire qu'on savait pas quand on se sera fait météoriter la tronche) que j'ai fait quelque chose qui, de prime abord, ne m'aurait jamais traversé l'esprit normalement.
J'ai voulu trier mon placard.
'Oh Mon Dieu' tu peux le dire. Placard qui tient plus du bordel ambiant que d'un lieu de rangement mais qui,
OH OUI QUI RANGE SON PLACARD ? Dis pas oui, je sais que tu mens, jeune effronté. Bon là, j'avoue que ça devenait urgent, étant donné que la Reine-Mère en voulant y placer certaines
vieilles fripes fringues qui ont du vécu, a bien failli périr sous une avalanche de sacs, de pulls, de magazines divers et variés, de lampes de chevet pétées, de bijoux à deux francs de la Foir'Fouille, d'exemplaires du Monde que j'ai
jamais lu, de paquets de gâteaux vides (
et d'autres pleins mais dont la date de péremption ferait pâlir Karl Lagerfield), des classeurs pleins à craquer des cours des années précédentes que t'as eu la flemme de jeter donc paf! t'as tout entassé
comme une merde au beau milieu de l'étagère, et d'un ampli de guitare (
dont je ne me sers pas, j'veux pas prendre le risque de faire péter toutes les vitres de la baraque tellement je joue mal). Oui, ma génitrice a failli connaître une mort violente, lente et douloureuse. Mais non, c'est une warrior et elle m'a donc aimablement signalé dans le millième de seconde qui a suivi que
"SI TU NE RANGES PAS CE FOUTOIR DANS LA MINUTE, JE T'ETRANGLE AVEC TA TAIE D'OREILLER". Je me suis donc vue contrainte et forcée de faire coulisser la porte dudit placard afin de faire croire que je le passais au peigne fin dans le but de déterminer une stratégie d'attaque digne de l'émission 'C'est du Propre'.
Chuis over-fière de cette phrase, t'as pas idée. C'était sans compter mon cerveau détraqué et ses méandres douteux (bon là, ça veut rien dire on est d'accord, eukay, mais fais genre t'as rien vu steuplé). Parce que, sans le savoir, sans le vouloir, c'était pas d'ma faute, j'étais pas là j'te dis, je suis tombée sur des tubes de gouache aux couleurs chatoyantes, qui te lésionnent la rétine involontairement mais que sur le coup, comme tu les trouves trop chatoyantes justement, bah tu peux pas les lâcher.
Et là, ça a été le drame, le début de la fin, l'Apocalypse, le temps où l'un de mes deux derniers neurones a déclaré forfait.
J'ai passé l'aprèm' à peindre... Avec mes doigts.
Tu veux m'acheter une vie sociale ? Envoie tes dons, j'accepte tout, chèques comme espèces. Je m'en suis collée de partout (un peu comme quand je mange en fait)(tu m'as jamais vu manger ? Eh ben t'es un sacré veinard). J'en avais autant sur ma feuille que sur mes fringues, mes murs et mon parquet. J'ai failli bousiller mon jean préféré vu que je sais pas trop si la gouache ça part avec de la lessive
mais que serait la vie sans aventure hein ?. Vu qu'en plus, c'était de la peinture rouge, on aurait trop dit que je revenais d'un sacrifice de Bergers Allemands. J'étais classe à un point que t'imagines même pas. Bien entendu, ne va pas croire que j'ai peint des œuvres d'art, nan nan, j'ai aucun talent et encore moins une fibre artistique sinan j'le saurais t'sais. C'était juste des traînées de rouge sur un bout de papier blanc.
Un peu genre du sang en fait. Ouais, c'était un peu laid. Heureusement pour le peu de dignité dont j'ai encore crédit aux yeux de mes géniteurs (je doute de l'exactitude grammaticale de cette phrase, qu'on se le dise), personne,
PERSONNE JE DIS BIEN PERSONNE ne s'est intéressée à moi cette après-midi-là. Alors que normalement, je peux pas glandouiller dans mon antre sans qu'une des trois autres entités de la maison ne vienne me demander si « tu peux pas m'passer ton ordi ? », « t'as pas de la monnaie ? » (
AH AH APRES TOUT CE TEMPS ILS CROIENT ENCORE QUE J'AI DES SOUS DESFOIS. UTOPISTES A DEUX FRANCS VA), « Tu peux baisser ta musique
de merde, j'entends pas le super film sur les réfugiés Polonais de la Rhur en 1943 ? », « T'as faim ce soir passque pas moi en fait, donc si t'as pas faim ça m'arrangerait comme ça j'me laisse mourir devant la télé au lieu de faire cuire des pâtes/du riz/de la purée Mousseline/des restes moisis qui traînassent dans le frigo... ». Vois tes cas moi j'dis hein.
Et le pire, LE PIRE, LE PIIIIIRE, c'est que j'me suis genre grave éclatée.
Et en plus, EN PLUS, mon placard ressemble toujours à un champ de bataille.